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Une estampe chinoise

Une estampe chinoise - Paula Tigner

Dans les affaires que j’ai héritées de ma grand-tante, une estampe asiatique, d’une origine que je peinais à déterminer, a eu ma préférence. Elle m’avait légué des plats en argent, de la vaisselle dont un service d’assiettes au rebord doré, des verres en cristal, des vases en étain et en verre, du linge de maison brodé d’un monogramme, le sien, un M, pour Marie, et un R, pour Rambuteau, marqués au point de croix sur les draps de lin ou de chanvre. J’aime les atmosphères un peu vieillottes, les meubles anciens recouverts de dentelles, les lustres en cuivre avec des pendeloques cristallines. Avec ces nouveaux objets, ma collection s’enrichissait de plusieurs pièces rares. Surtout, ce qui me plaisait, plus que le prix qu’elles valaient, était leur esthétique recherchée. Quand j’ai reçu tout ce nouveau mobilier, mon voisin m’a aidée. Je lui ai indiqué un excellent Syndic Montréal, pour l’aider à surmonter ses difficultés avec une dette assez importante, mais certainement passagères.

Pour entretenir le bois, rien de mieux que la cire d’abeille mêlée à de l’essence de térébenthine. Après m’être renseignée sur les quantités à respecter, j’ai composé mon propre produit d’entretien, dont je suis très satisfaite. À mon avis, c’est encore mieux que ceux qui sortent de l’industrie. J’ai bien nettoyé les supports à cirer, avec des cristaux de soude, en protégeant mes mains de gants en caoutchouc, bien épais. Avec beaucoup de respect pour ces antiquités, j’ai séché puis enduit le bois avec mon produit ménager fait maison. Il resplendissait après ce traitement. Le fauteuil a été verni, plutôt que laissé sans protection, et une console retrouva une seconde vie. Par contre, l’estampe, je ne l’ai pas touchée. Elle n’est pas abîmée, ses couleurs sont encore vives.

Je voulais qu’elle soit encadrée pour qu’une vitre la protège des attaques du temps. Je me suis renseignée auprès de professionnels qui m’ont suggéré de la suspendre dans un coin non éclairé par le soleil. Elle devait respirer, sous peine d’être envahie par la moisissure. J’ai donc arrangé un endroit sur un mur de mon entrée, et j’ai dessiné un cadre doré, au milieu duquel j’ai placé le dessin. Je savais qu’il était d’origine chinoise, probablement du dix-neuvième siècle, et que ce n’était pas une œuvre d’art, mais une copie. Malgré tout, je l’aime beaucoup et les branches de cerisiers éclairés par la lune, sur un fond doré, restent mon tableau préféré.

 

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Paula Tigner, est une femme d'affaires, conférencière et blogueuse québécoise spécialisée dans les questions de stratégie de réseaux sociaux. Elle est titulaire d'une Maitrise en Sciences en Commerce électronique de l'Université de Montréal.